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Quand des jeunes en quête d’autonomie deviennent copilotes d’un atelier de recherche

appuis

Entretien avec Sihem Arezki, Céline Schreiner du dispositif Cesa (Croire En Son Avenir) du Pôle Insertion Départemental de l’association Appuis et Samia Mahalaine, Coordinatrice jeunesse à Appuis

Pouvez-vous nous présenter rapidement votre structure ou votre service ?

Samia Mahalaine, coordinatrice jeunesse à Appuis :
Appuis est une association sociale qui mène diverses activités axées autour de six pôles sur le territoire du Haut Rhin. Le pôle insertion rassemble plusieurs activités destinées à permettre à des personnes isolées ou en couple, à des familles, d’être protégées et de retrouver leur autonomie suite à des difficultés. Ces actions sont principalement basées sur l’hébergement et l’accompagnement social adapté dans des Centres d’Hébergement et Réinsertion Sociale (CHRS).

Le dispositif Cesa est un dispositif développé par le pôle Insertion d’Appuis. Ce dispositif s’adresse à des jeunes majeurs. Sept places d’hébergement sont spécifiquement dédiées à ce dispositif. Les jeunes accueillis sont principalement issus de l’aide sociale à l’enfance (foyers, famille d’accueil, rupture familiale). Deux places sont financées dans le cadre du Service Intégré d’Accueil et d’Orientation. Ces jeunes ont besoin d’un accompagnement spécifique pour acquérir l’indépendance. L’accompagnement proposé par Appuis dans ce cadre est un accompagnement individuel de proximité, renforcé.

Sihem Arezki :
Cesa est un acronyme qui veut dire Croire En Son Avenir. Ce sont les jeunes qui ont baptisé le dispositif. Au départ, il s’appelait « groupe jeunes » mais ce nom n’était pas très qualificatif. Donc nous avons trouvé Cesa. Nous avons réfléchi à ce nom lorsque l’on a réalisé le livret d’accueil destiné aux jeunes qui intègrent le dispositif. Cesa s’adresse à des jeunes majeurs de 18 à 25 ans pour préparer à l’autonomie. Au départ, il y avait des temps collectifs et individuels comme par exemple le temps p’tit dèj’, le temps ménage. Maintenant, on se réunit autour de projets comme notre web-reportage santé qui nous amènera prochainement à croiser nos regards avec ceux de jeunes québecois lors d’un voyage au Québec dans le cadre de l’initiative Reg’art santé jeunes organisée par la Ville de Mulhouse.

Quels sont l’origine (contexte, histoire…) et l’objectif principal de votre projet ?

Sihem Arezki :
Le projet Atelier de recherche sur l’accompagnement des jeunes vers l’autonomie s’est fait dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Supérieur Social de Mulhouse (ISSM). Appuis se demandait comment travailler la question de l’autonomie avec les jeunes du groupe Cesa, mais ils avaient peu de temps à consacrer à cette réflexion. Et donc ils ont demandé aux étudiants de l’ISSM de s’intéresser pour eux à ce sujet. Puis ils ont pensé à impliquer les jeunes de Cesa.

Samia Mahalaine :
Il y avait effectivement déjà une réflexion au sein de la structure autour de la question de l’autonomie. Cette réflexion s’inscrit dans l’évolution du projet associatif d’Appuis. L’association s’oriente de plus en plus vers une stratégie où le projet de la personne est au centre du dispositif. Lors d’une réunion avec les jeunes sur le vivre ensemble, le sujet central de la discussion s’est trouvé être l’autonomie. Appuis a alors proposé aux jeunes de participer, en tant que co-pilote, à l’atelier de recherche qui allait avoir lieu en partenariat avec l’ISSM. Cet atelier avait pour question : Comment accompagner les jeunes vers l’autonomie ? Six jeunes du dispositif Césa qui ont été invités à participer, trois jeunes se sont approprié la démarche et ont été mis en responsabilité,dont Sihem Arezki et Céline Schreiner qui ont été au bout du projet.

A quel problème de santé votre projet répond-il ? Sur quels déterminants de ce problème de santé votre projet va-t-il agir ?

Sihem Arezki :
Je pense que Appuis voulait avoir un autre regard sur les jeunes et sur l’autonomie, un regard extérieur pour travailler mieux et différemment.

Samia Mahalaine :
Les jeunes sont au centre de la réflexion, en choisissant de les positionner en copilotes il s’agissait donc pour eux de ne pas être seulement objets de recherche mais acteurs de cette recherche.  Cet atelier de recherche s’inscrit dans une réflexion globale quant à l’accompagnement mené auprès des jeunes. Jusqu’à présent, Appuis accompagnait les jeunes en individuel et en collectif. Mais est apparue la volonté d’aller plus loin dans l’accompagnement, de développer les compétences des jeunes, de favoriser chez eux une prise de conscience de leur situation, de leur environnement, de leurs ressources et de leurs fragilités. Nous souhaitons aussi leur permettre de reprendre du pouvoir dans leur vie, de changer leur situation en s’appuyant sur leurs compétences et ressources pour passer outre les difficultés et fragilités. Nous avons commencé à nous demander si l’accompagnement que nous proposions permettait réellement aux jeunes d’acquérir de l’autonomie et à envisager de changer nos pratiques. Mais avant de nous lancer dans ce grand projet, il nous a semblé nécessaire d’éclaircir cette notion d’autonomie qui peut prendre un sens différent chez les uns et les autres. Nous mettre d’accord sur ce terme a été une première étape dans l’évolution de nos pratiques. Depuis, nous avons réceptionné les travaux des étudiants et nous poursuivons nos temps de réflexion internes, longs mais indispensables à la conceptualisation de nos pratiques.

Décrivez-nous les activités que vous allez mettre / avez mises en place.

Samia Mahalaine :
Cet atelier de recherche réalisé avec les étudiants de l’ISSM consistait à croiser des éléments théoriques autour du concept d’autonomie et les représentations de jeunes adultes accompagnés par des structures sociales.

Les étudiants ont été amenés à interroger les jeunes du dispositif Cesa mais également des jeunes suivis par les services d’Appuis ou d’autres structures ainsi que des professionnels autour des questions d’autonomie, d’accompagnement. L’objectif de la participation de Sihem et Céline était non pas uniquement de répondre aux questions des étudiants mais d’être réellement partie prenante de la mise en œuvre et du déroulement de cet atelier et de mettre en lien les étudiants avec les jeunes d’Appuis.

Sihem Arezki :
Avec l’aide d’une troisième jeune qui a quitté le dispositif entre temps, notre rôle était de faire l’intermédiaire entre les étudiants et les jeunes et professionnels d’Appuis. Nous avons donc participé à toutes les réunions de travail avec les formateurs de l’ISSM et les professionnels d’Appuis pour définir l’organisation du projet. Puis, les étudiants nous ont contactés les uns après les autres. Ils nous donnaient le profil des jeunes qu’ils souhaitaient rencontrer : fille ou garçon, âge… Et nous cherchions à Appuis quelqu’un qui correspondait à ce profil et on organisait le rendez-vous. Il s’agissait non seulement de prévoir la date et l’heure mais aussi le lieu, de trouver une salle qui puisse être mise à disposition, de relancer en amont des rendez-vous et d’accueillir les personnes lors de leur venue. Et quand parfois un jeune ne venait pas au rendez-vous, il s’agissait d’être réactif et de trouver quelqu’un d’autre pour le remplacer. Dans ce projet, nous avons été positionnées comme co-pilotes, avec les responsabilités qui allaient avec.

Samia Mahalaine :
Dans un deuxième temps, les jeunes ont participé à deux gros évènements :

  • un colloque à Bruxelles auquel les jeunes ont participé avec des professionnels d’Appuis. Il s’agissait d’un forum ouvert « Bruxelles contre les inégalités » rassemblant des professionnels de Belgique et de France et pendant lequel de nombreux sujets étaient soumis au débat.
  • un colloque sur l’autonomie des jeunes organisé par Appuis et l’ISSM en novembre. Ce colloque était la concrétisation du partenariat avec l’ISSM puisque les étudiants y ont présenté les résultats de leurs recherches. Cette journée avait pour objectif de faire profiter de ces résultats àun grand nombre d’acteurs de la jeunesse et que ça ne reste pas uniquement une réflexion propre à Appuis. Il s’agissait de proposer un temps de réflexion ouvert aux professionnels, aux étudiants et aux bénéficiaires de l’aide sociale, au final une centaine de personnes y ont participé. Parce qu’il est bien moins intéressant de réfléchir entre professionnels uniquement sans que le public soit impliqué. Ce parti priss’inscrit encore une fois dans la volonté de mettre la personne au centre du dispositif, de lui permettre d’être actrice dans les projets, de prendre part aux décisions… Chacun a sa place et peut participer, quel que soit le rôle de chacun. C’est d’ailleurs comme ça que nous avons retravaillé notre projet associatif.

Sihem Arezki :
Nous avons participé au colloque de Bruxelles centré sur la pauvreté de la jeunesse et nous y avons présenté le projet  devant de nombreux professionnels. Il y a eu un gros travail de préparation. Nous sommes arrivées à Bruxelles avec un document écrit. Ça a été un gros moment de stress mais c’était vraiment intéressant. Finalement nous avons stressé pour rien. Par contre, nous étions déçues d’être les seules jeunes à participer à ce colloque. Je trouve ça intéressant que Appuis veille à nous mettre au centre des projets. C’est intéressant parce qu’on a une parole, nous ne sommes pas qu’un numéro de dossier, nous sommes des personnes ! Et lors des colloques où il y a des professionnels, si je ne comprends pas quelque chose, je demande, je pose la question, ça va. Et ces échanges nous intéressent d’autant plus que nous souhaitons toutes les deux travailler dans le social.

Céline Schreiner :
J’ai pris la parole lors du colloque à l’ISSM en novembre. J’y ai présenté notre rôle pendant l’atelier de recherche et la réflexion que ça nous a permis d’avoir sur l’autonomie. Au début, j’ai aussi énormément stressé, mais au final, j’ai compris que je pouvais y arriver et je l’ai fait. C’était particulièrement stressant pour moi parce qu’habituellement je ne parle pas beaucoup et là, il fallait que je parle devant tous les professionnels et étudiants. Ça a été l’occasion d’un gros travail sur moi. D’autant plus que Sihem ne pouvait pas être là et que j’étais seule. Mais ça a été. Autant à Bruxelles je n’avais pas beaucoup parlé, autant à l’ISSM j’ai parlé beaucoup. Et les échanges pendant cette journée ont été intéressants.

Le cas échéant, quels résultats avez-vous déjà obtenus ?

Samia Mahalaine :
Le travail réalisé nous a permis de recueillir de nombreux éléments de réflexions et nous allons grâce à ce matériel pouvoir procéder à un réajustement de notre pratique. Quant à l’objectif d’autonomisation des jeunes, ça a été très positif car nous avons laissé de l’espace aux jeunes pour agir et nous avons pu voir qu’il y a une différence entre participer à une action qu’on propose et prendre part pleinement à l’organisation. On voit qu’ils se sentent beaucoup plus engagés, plus responsables et moteurs pour se prendre en main, se mettre en action, diriger les choses lorsqu’ils ont un rôle de co-pilote. C’est vraiment la place laissée aux personnes qui va définir leur degré de participation.  Dorénavant, l’objectif pour Appuis est de poursuivre l’accompagnement des personnes soutenues en co-construisant systématiquement avec elles. Et progressivement de partir non plus des seules idées de la structure, mais également de celles des publics, en articulant les idées de chacun pour former un projet qui fédère à la fois les publics et les professionnels. Il s’agit aussi pour nous de nous acculturer à cette nouvelle pratique et d’apprendre à les accompagner afin qu’ils puissent développer eux-mêmes leurs propres projets à la mesure de leurs possibilités. Enfin, on remarque que le projet a eu un effet accélérateur sur les projets professionnels des jeunes. Plusieurs jeunes du dispositif Cesa sont entrés en formation, certains sont en recherche de stage… Le travail des étudiants a apporté une définition plus précise de l’autonomie en tant que conscience de soi, qui se distingue du travail d’accompagnement sur la notion d’indépendance qui est plutôt lié aux conditions matérielles.

Sihem Arezki :
Pour moi le projet a marché. Si les professionnels d’Appuis évoluent progressivement, nous avons maintenant l’habitude de participer activement aux projets. Et nous ne manquons pas d’idées donc c’est tout à fait possible de partir des idées des jeunes plutôt que celles des professionnels. Tout au long du projet, alors que nous ne nous en pensions pas capables, nous avons acquis des compétences en terme d’organisation qui pourront nous être utiles dans notre vie personnelle et professionnelle. Et nous avons aussi découvert des facettes de nous-mêmes que nous ne connaissions pas. Nous avons gagné en confiance en nous !

Céline Schreiner :
Pour moi, il y a un avant-projet et un après-projet. Nous nous sommes rendues compte qu’il n’est pas toujours facile de travailler avec des professionnels et des jeunes. Mais nous avons su dépasser les difficultés et trouver des solutions. Le fait d’arriver à prendre la parole plus facilement va m’aider à trouver un travail parce que je pourrai me présenter à un patron en ayant confiance en moi. Et puis au-delà de l’insertion professionnelle, co-piloter un projet comme ça a un impact du côté personnel. Ce type de projet fait grandir, on grandit un peu plus ! Ça nous fait évoluer chacun à notre rythme par rapport à nos projets personnels !

Quels partenariats avez-vous mis en place pour l’élaboration, la mise en œuvre ou l’évaluation de ce projet ?

Sihem Arezki :
Notre partenaire pour ce projet était l’ISSM. Travailler avec les étudiants a été très intéressant. Nous avons eu de bonnes relations avec eux. Il nous est arrivé d’en croiser certains plus tard et de discuter avec eux. Il y avait une certaine proximité entre eux et nous. Nous continuons de travailler en partenariat avec l’ISSM avec qui nous avons des contacts réguliers pour nos autres projets : par exemple pour obtenir des salles etc…

En quoi ce projet s’inscrit-il dans le cadre de la promotion de la santé ?

Samia Mahalaine :
Ce projet s’inscrit pleinement dans les valeurs de la promotion de la santé notamment parce que son objectif premier vise l’autonomie du public. En effet, le rôle attribué aux jeunes leur permet de prendre conscience et de développer leurs compétences professionnelles et psychosociales. Ils développent leur pouvoir d’agir, apprennent à s’adapter à leur environnement mais aussi à le faire évoluer. Par ailleurs, le projet a aussi un impact sur la politique d’accompagnement d’Appuis et sur les pratiques des professionnels, donc sur l’environnement des jeunes. Enfin, ce projet a renforcé les liens sociaux au sein d’Appuis et avec l’extérieur et notamment avec les étudiants de l’ISSM.

Contact :

Samia Mahalaine, samia.mahalaine@nullassociation-appuis.fr

Entretien réalisé par Florence PASCOLO, Chargée de projets documentaires à l’Ireps Alsace

Ungersheim, un projet d’envergure pour favoriser l’autonomie de la commune et le bien-vivre de ses habitants

Article rédigé par Florence Pascolo

Lors de la 10ème rencontre régionale des acteurs en éducation et promotion de la santé, un atelier était consacré à l’implication des élus et des habitants dans les projets de promotion de la santé. L’atelier « agir sur les déterminants de la santé : une volonté politique » était centré autour de la présentation de deux projets originaux de par l’implication citoyenne et politique engagée pour agir sur l’environnement des populations : Vita’rue et Village en transition. Si vous ne connaissez pas le projet Vita’rue, nous vous invitons à le redécouvrir en relisant l’article qui lui a été consacré. Nous vous proposons, à travers le présent article, de vous faire découvrir le projet Village en Transition de la Commune d’Ungersheim.

ungersheim1

Le projet de Village en transition mené par la commune d’Ungersheim, qui  n’a pas d’objectif de prévention ou  d’amélioration de la santé des habitants  est pourtant, par les valeurs qu’il porte et les activités mises en œuvre un réel  projet de promotion de la santé

 

Village en transition : une autre approche de la politique communale

Depuis plus de 10 ans, le village d’Ungersheim s’est engagé dans la démarche de transition initiée par Rob Hopkins1  en Irlande en 2003. Il s’agit d’un engagement politique mais également citoyen visant l’autonomie intellectuelle, l’indépendance énergétique, la souveraineté alimentaire et le développement local. L’objectif de ce projet est de faire d’Ungersheim un village capable de résilience, c’est-à-dire d’être en « capacité de réagir aux crises et d’être autonome ». Concrètement, il s’agit de prendre du recul par rapport à la société de consommation actuelle, de se recentrer sur le savoir-faire et les ressources locales et d’agir en faveur d’un développement durable.

 

21 actions et plus encore qui agissent  sur différents déterminants de santé2

La première action lancée en 1999 par le village a été l’installation de panneaux solaires thermiques au-dessus du toit de la piscine. Cette initiative a enclenché une dynamique telle que d’autres actions en ont découlées. Chaque nouvelle action entretenant le processus de transition, la commune admet être actuellement dans « un cercle vertueux » en faveur du mieux vivre.

Les 21 actions recensées dans le projet « village en transition »  touchent directement et indirectement les déterminants de santé.

 

Développer une agriculture biologique, produite et consommée localement

Les différentes initiatives prises autour de « la filière de la graine à l’assiette » améliorent directement la qualité de l’alimentation proposée aux habitants. Parmi celles-ci on peut noter la création d’une exploitation maraichère bio, la construction d’une cuisine collective bio, la restauration scolaire bio et prochainement la construction d’une légumerie conserverie. La commune accorde une importance toute particulière à ce que ses habitants aient tous accès, à prix modéré, à une alimentation saine. A titre d’exemple, depuis le passage en alimentation bio, le tarif de la restauration scolaire n’a pas augmenté. Le projet valorise également les aliments locaux, favorise leur conservation et leur consommation.

ungersheim 2Préserver et valoriser l’environnement

La commune a rapidement pris conscience de l’importance de préserver l’environnement. Cette prise de conscience se traduit par des prises de positions (motion sortir du nucléaire, adhésion au réseau internationale des communes citoyennes du monde, titre territoire de commerce équitable) et par  des activités à la fois sur la production d’énergie (installation de panneaux solaires thermiques, construction d’une chaufferie bois, mise en œuvre de la plus grande centrale solaire d’Alsace, gestion raisonnée de l’éclairage public, diagnostic énergétique des bâtiments publics) mais également sur la réduction de l’usage de produits issus de la pétrochimie (utilisation de produits d’entretiens écologiques et biologiques, retrait total des produits phytosanitaires et engrais pour l’entretien des espaces verts) et sur la production de gaz à effet de serre (achat d’un cheval cantonnier et de véhicules utilitaires électriques). L’ambition de la ville est de se développer en harmonie avec son environnement en s’appuyant sur les ressources dont elle dispose et en réduisant au maximum l’impact des activités humaines sur celui-ci.

ungersheim3Favoriser une éducation globale sensible à la démarche de transition

Ungersheim travaille en partenariat avec les écoles   autour du projet de village en transition. Les écoles ont par exemple  participé au projet « défi d’économie d’énergie ». Le transport scolaire est réalisé en calèche, symbolisant l’engagement environnemental et la proximité avec la nature. L’accueil périscolaire soutenu par la ville est également partie prenante du projet.

Un sentier de sensibilisation à la démarche de transition a été créé sur une ancienne friche industrielle, réhabilitant ainsi une parcelle de 10 hectares tout mettant en œuvre une démarche d’éducation citoyenne.

L’éducation à l’environnement et à une agriculture consciente des enjeux environnementaux pourra également s’appuyer très prochainement sur le centre pédagogique « la maison des natures et des cultures » qui prendra place à la ferme du Kohlacker à côté de la conserverie et de l’exploitation maraichère dans la périphérie de la commune.

Les enfants sont impliqués à leur échelle dans la dynamique du village. L’ensemble des structures qui les accueillent et des adultes qui les entourent propose un discours cohérent. Des liens sont tissés entre toutes les initiatives, favorisant l’adhésion des enfants et plus largement de tous au projet de transition de la commune.

Développer l’emploi pour tous

L’exploitation maraichère et la restauration scolaire de la ville s’appuient sur un chantier d’insertion qui s’attache à aider les personnes les plus éloignées du milieu du travail à reprendre pied.  De plus, la commune fait la part belle au développement local en ouvrant des installations énergétiques ou alimentaires, et en s’appuyant sur une monnaie locale, ce qui impacte favorablement l’emploi local.

ungersheim4Proposer une eau de qualité consommée raisonnablement

Ungersheim s’est employé à réduire sa consommation d’eau en installant dans tous les bâtiments communaux des régulateurs de débit d’eau. La réduction de l’emploi des pesticides et produits issus de la pétrochimie agit également favorablement sur la qualité de l’eau.

 

Construire des habitats respectueux de l’environnement pour tous

La construction d’un éco hameau sur le banc communal montre l’implication de la commune dans le domaine du logement durable.

ungersheim5Redynamiser l’économie locale

En instaurant la monnaie locale complémentaire « Le radis », Ungersheim souhaite inciter les habitants à consommer localement et ainsi redynamiser l’économie locale. Cette monnaie est gérée par une association locale. Les commerçants et petits producteurs locaux sont partie prenante de la démarche et propose un tarif préférentiel aux utilisateurs de cette monnaie.

ungersheim 6Soutenir les initiatives culturelles, sportives, développer le lien social

Il tient à cœur des élus et des habitants d’Ungersheim de maintenir une offre culturelle locale. La maison des jeunes et de la culture est le poumon culturel de la ville. Il propose des activités culturelles et sportives, à tous, toute l’année ; une installation permet l’organisation de séances de cinémas, des spectacles régionaux ou nationaux y sont régulièrement présentés, des ateliers débats y sont également proposés. Les associations de la commune peuvent y trouver appui. C’est aussi à la MJC qu’est située la structure périscolaire de la ville, favorisant ainsi le décloisonnement entre les activités éducatives et culturelles.

Les nombreuses infrastructures sportives (piscine, dojo, salle multisport, salle d’haltérophilie,  terrain de foot et de tennis, pistes cyclables, skate park…) favorisent la pratique d’activité physique sur la commune.

Toutes ces infrastructures et associations contribuent au développement du lien social, preuve en est l’importance que prend la traditionnelle fête du village qui dure 10 jours, mobilisent des centaines de bénévoles et qui  accueille toujours plus de participants.

 

L’ambition d’un élu pour son village

Ce projet est porté à bras le corps par le Maire de la commune, Jean Claude Mensch qui, depuis 5 mandats, prévoit un avenir pour son village de façon constructive et innovante, en s’appuyant sur son histoire pour mieux entrevoir son futur. M. Mensch et l’équipe municipale d’Ungersheim avancent pas à pas dans ce projet tout en faisant face aux contraintes politiques et financières qu’ils rencontrent. Il s’agit de convaincre les pouvoirs publics du bienfondé de la démarche et de trouver les fonds nécessaires à la réalisation des actions prévues. Il s’agit aussi d’impliquer les employés communaux, lesquels ont un rôle important à jouer dans la réalisation des différents axes. L’engagement politique est indispensable à la réalisation d’un tel projet.

 

La participation citoyenne au cœur du projet

Le second acteur principal de cette initiative est à n’en pas douter la population. Pour qu’une telle dynamique s’installe, la participation citoyenne est primordiale. L’ambition d’Ungersheim est de favoriser l’engagement de l’ensemble des habitants dans la démarche mise en œuvre. Pour cela, ces derniers sont sollicités de différentes manières.

Ungersheim a instauré la démocratie participative dès 2009. 5 commissions participatives sont parties prenantes de la politique locale :

  • Démarche de la transition / développement durable,
  • Cohésion sociale,
  • Aménagement du territoire / mobilité / accessibilité,
  • Action Jeunesse et Sport Culture Loisirs / gestion eau et assainissement
  • Réalisation du Territoire des Natures et des Cultures / Maison des Natures et des Cultures / développement des énergies renouvelables

Ces commissions permettent aux habitants de s’exprimer, d’apporter des idées et d’être parties prenantes de la vie de la commune. Elles élaborent des propositions qui sont ensuite soumises au conseil municipal.

ungersheim7Les habitants peuvent également se mobiliser en devenant bénévoles (à l’exploitation maraichère,  dans l’association Radis…), ou en contribuant individuellement à l’effort collectif (par exemple en participant à la campagne incitative de développement du photovoltaïque portée par la commune).

Les rencontres de la transition organisées par Ungersheim représentent le temps fort lors duquel il est possible de favoriser les échanges entre les habitants et de valoriser les initiatives innovantes.

Jean Claude Mensch nous confiait récemment que la participation des citoyens reste, même dans le cadre d’une initiative comme celle-ci, la difficulté majeure.

 

Des résultats mesurables ?!

Depuis le démarrage de sa démarche, la commune d’Ungersheim a déjà pu estimer les économies réalisées sur le budget de la commune, notamment de par les actions autour de la consommation raisonnée d’eau ou d’énergie ainsi que par les actions de développement d’énergies renouvelables :

  • réduction de 40 % des dépenses d’éclairage public
  • 5000 € d’économie sur la consommation de produits d’entretien
  • 188 m3 d’eau économisés depuis l’installation de réducteurs de débit dans les bâtiments publics, soit – 15 % sur la consommation globale de la commune et 564 € d’économie

Si l’on devait évaluer le bien-vivre à Ungersheim, les résultats seraient sans doute intéressants. Il suffit de pénétrer dans la commune et d’aller à la rencontre de ses habitants  pour percevoir la dynamique existante.

ungersheim8Ungersheim, village promoteur de santé

En développant son projet de village en transition, la politique de la ville d’Ungersheim agit positivement sur de nombreux déterminants de santé devenant ainsi promoteur de santé. Au-delà des actions développées dans la commune, le décloisonnement que cela entraine entre les différents services et les différents acteurs (élus, employés communaux, habitants) vont créer du lien et permettre une démarche globale et cohérente créant ainsi un environnement autant social que matériel favorable au bien-être et donc à la santé des habitants. Si le projet est spécifique à un  territoire qui a sa singularité et sa propre histoire,  il est tout à fait possible de s’en inspirer largement pour faire éclore de nouveaux projets de villes en transition, actrices en promotion de la santé. C’est d’ailleurs la volonté du village que d’essaimer leur initiative en France et ailleurs.

Contact :

Jean Claude Mensch
Mairie d’Ungersheim
1, place de la mairie
68190 UNGERSHEIM
www.mairie-ungersheim.fr
transition-ungersheim@nullorange.fr

Pour en savoir plus :

Brochure des initiatives de la transition
http://www.mairie-ungersheim.fr/app/download/10523372799/Transition.pdf?t=1460013403
Film : Ungersheim, un village en transition
http://www.mairie-ungersheim.fr/village-en-transition/le-film/
Voir également le documentaire à venir Sacré Village par Marie Monique Robin

 

1 Né à Londres en 1968, Rob Hopkins, doctorant à l’Université de Plymouth, il a été professeur de permaculture pendant 10 ans et est l’initiateur du mouvement des villes en transition. Ses travaux lui ont valu 3 prix. Il anime désormais le vaste réseau des villes en transition, tient un blog sur les initiatives de transition, et plus particulièrement celle de la ville de Totnes qu’il a initiée en 2006 et a écrit plusieurs ouvrages dont :
Le pouvoir d’agir ensemble, ici et maintenant, Rob Hopkins et Lionel Astruc, éd. Actes Sud, 2015.
Ils changent le monde, 1001 initiatives de transition écologique, Rob Hopkins, éd. du Seuil, 2014.
Pour en savoir plus sur le mouvement de Transition : http://www.transitionfrance.fr/2016/04/01/presentation/#more-10584

2 Le présent article s’appuie sur le schéma des déterminants de la santé développé par Dahlgren et Whitehead en 1991

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