La question de la prévention chez F.DOLTO – Claude SCHAUDER

Extrait de l’ouvrage : Familles et petite enfance – Mutations des savoirs et des pratiques (ERES, 2006)
Michel DUGNAT (ed) – Gerard NEYRAND (ed) – Georgette REVEST (ed) – Jean-noel TROUVE (ed)

Partant de l’avancée freudienne qu’a été pour notre civilisation la remise en question de l’infantile et de son importance pour le devenir de l’homme, Dolto affirme que l’enfant doit être considéré, dès sa naissance, voire même dès sa conception, comme un sujet. C’est en tant que tel qu’il est fondamentalement orienté vers une maturation qui est, à la lettre, progressiste, si rien ne vient l’entraver ou la pervertir et si les adultes qui l’entourent, assument les fonctions qui leur reviennent. « L’imputation de sujet, le fait de poser qu’il y a du sujet ou (qu’à tout le moins) ce n’est pas sans sujet ; que là où ça parle, ou là où ça ne parle pas, là où ça serait presque une chose ou du pas encore né, il y a du sujet a, comme le dit Olivier Grignon, une portée clinique évidemment, une portée pédagogique bien sûr, mais d’abord et avant tout une portée éthique » 2 immense. C’est sur cette conviction qu’il y a du sujet, de la «personne humaine à part entière» même chez le foetus, que reposent non seulement toutes ses options d’analyste mais également de citoyenne. C’est bien évidemment ce qui est au fondement de toute sa pensée et de son action préventive que nous nous proposons d’analyser ici.

I. IDEES, CONCEPTS et THEORIES

Pour Dolto, nombre de souffrances du petit d’homme trouvent leurs origines dans l’ignorance ou la négation qu’il est d’emblée un sujet et dans ce que ceci suppose en matière d’accueil et d’accompagnement des tout-petits aussi bien de la part de leurs parents que de la collectivité où ils naissent.
Etre de désirs et de paroles, l’enfant est en effet toujours l’enfant de quelques uns, présents et absents, vivants ou morts; quelques-uns également êtres de paroles et de non-dits, inscrits comme lui dans leur sexe et dans l’ordre des générations. C’est à ce titre qu’ils se doivent (et lui doivent) de le reconnaître et de l’accueillir en tant qu’être singulier dans son groupe d’appartenance…

Lacanienne en cela qu’elle partage le point de vue de Lacan sur le rôle de la filiation, de la nomination et de la fonction paternelle, elle reconnaît à la famille, mais également et de façon plus large au groupe qui l’entoure, une place capitale dans ce dispositif et dans le devenir du sujet.

En ce qui concerne l’entrée proprement dite de l’enfant dans le « social », Françoise Dolto ne la conçoit ni comme Henri Wallon c’est à dire comme le passage de l’être biologique à l’être social, ni comme Bowlby 3, R.A. Spitz 4 ou D.W. Winnicott 5, qui méconnaissent que le petit d’homme est d’emblée pris dans les rets du langage et donc du social. En mettant en évidence qu’il s’agit d’un processus complexe intimement lié à sa nature de parlêtre et à l’ensemble du contexte psychique dans lequel naît et évolue le sujet, Françoise Dolto (dans la foulée de Jenny Aubry 6) fait en effet sortir la socialisation précoce du seul giron maternel et l’inscrit d’abord comme un effet du langage 7. Elle montre ainsi que c’est par les relations langagières dans lesquelles l’inscrit son entourage que l’enfant parvient à dépasser, dès sa naissance, les souffrances dues aux frustrations que lui imposent les premières contraintes de la vie familiale et sociale.

Contrairement à Lacan, Dolto conserve toutefois une vision idéalisée du développement de l’enfant dans son lien avec autrui, comprenant l’idée d’un aboutissement « sain » de la crise oedipienne 8 vers une harmonie relationnelle dont on sait ce qu’elle peut avoir d’illusoire et de leurrante. La visée d’une telle évolution est, pour elle, la «promotion humanisante», «la fécondité future en tant qu’individus» 9. Dans cette perspective les castrations qu’elle dit symboligènes, sont non seulement initiatrice(s) à la vie sociale» mais également garantes d’une évolution saine et harmonieuse.
Il est clair que cette vision normative, dans le sens d’une loi qui permet de vivre avec autrui, est tout à fait spécifique à F. Dolto car même Freud n’a jamais formulé de façon aussi radicale le sens du concept de castration. D’avec Lacan la distance est, bien évidemment, encore plus grande, puisque pour lui, la castration aboutit à la division du sujet, là où pour Dolto, celle-ci mène à l’individuation. Quand Lacan affirme que l’harmonie à un niveau génital relève d’une représentation imaginaire niant la castration, Dolto insiste elle sur l’aboutissement de l’évolution vers la possibilité d’un amour partagé, rendue possible par l’interdit symboligène. Si Dolto ne s’attache ainsi pas particulièrement à définir de façon très précise les registres (R.S.I), auxquels elle se réfère pourtant, elle ne prête pas non plus beaucoup d’attention à ce qui va différencier l’Autre et autrui, l’Autre comme lieu et l’autre comme personne. En fait la question de l’Autre, conçue chez Dolto dans un rapport binaire, entraîne une vision de la castration qui suppose que l’Autre vienne à manquer (cf. « plus téter » ou encore « le sein de ta mère t’est désormais interdit ») mais ne retient pas l’idée lacanienne que ce n’est pas le manque de l’Autre mais le manque dans l’Autre, (c’est à dire une absence dans la présence), qui est constitutive de la subjectivité….

II. UNE CERTAINE IDEE DE LA PREVENTION DES TROUBLES RELATIONNELS PRECOCES…

La prévention, versus Dolto, témoigne de ses options et élaborations théoriques et s’inscrit dans une conception éthique du sujet qui est celle qui inspire toute son oeuvre. Si pour elle, et comme le souligne Grignon, la cure psychanalytique doit permettre à l’enfant de «travailler la part de jouissance régressive qui l’empêche de métaboliser les traumas qu’il a subis dans son entourage» 10, les options qui l’amènent à s’engager dans ce qu’elle appelle elle même la Cause des enfants et à formuler ses propositions préventives en sont, non pas le duplicata affadi et vidé de sa portée transférentielle mais la suite logique.

Prévenir ne suppose donc pas pour Dolto ce que recouvre généralement dans les années 1950-70, (comme souvent encore aujourd’hui) ce terme, dans le secteur de la santé mentale et plus particulièrement en pédopsychiatrie. En effet, il ne s’agit pas pour elle de diligenter des actions organisées à plus ou moins grande échelle, selon des modalités identiques (ou, à tout le moins, proches) de la démarche préventive médicale visant à éradiquer des comportements supposés pathogènes. Il n’est pas question non plus de participer à quelques projets adaptatifs ou rééducatifs des familles, encore moins de participer au contrôle des populations et autres dépistages systématiques susceptibles de repérer des sujets ou des familles « à risques », auxquels maints psychiatres, psychologues et même psychanalystes prêtent la main depuis les années 1950.
N’ignorant rien du peu de fiabilité des prédictions en matière de santé mentale, elle rappelle régulièrement à ses interlocuteurs qu’il leur faut faire confiance à l’enfant pour se construire avec ceux (ce) qu’il rencontrera sur sa route. Elle sait ce qu’il faut craindre d’une prévention axée sur une transformation des comportements induite ou imposée de l’extérieur et les effets paradoxaux qu’on peut en attendre.

La prévention à laquelle elle réfléchit diverge radicalement de ce modèle et ne fait l’impasse ni sur la subjectivité de l’enfant, qu’elle veut au contraire favoriser et soutenir, ni sur celle de ses parents. Elle considère en effet comme préjudiciable toute action volontariste qui ne respecterait pas leur volonté et on sait que cette réserve la conduite à renoncer à prendre en thérapie ou en analyse un enfant, si ses deux parents ne lui avaient pas donné leur accord. Nombre d’analystes ignorent aujourd’hui encore ce principe du primum non nocere.

Pour ce qui concerne plus particulièrement la prévention des troubles relationnels précoces, Dolto part de la spécificité de la période de leur apparition, c’est à dire une période qui se situe entre la naissance et l’âge de l’OEdipe. 

Temps de prématuration où la parole est inscrite à la croisée des sensations corporelles et des mots, c’est également un temps où la croissance et le devenir du tout petit dépendent encore totalement d’elle. L’enfant y joue ou agit ce qui le questionne ou le met en souffrance. Sa quête est, à ce niveau, d’abord et avant tout identitaire. En l’absence de réponse, il réagit par des troubles fonctionnels ou physiques, ce qui témoigne, du moins dans un premier temps, de sa bonne santé psychique. Ce n’est qu’ultérieurement, s’il est resté frustré de cette réponse qui lui est indispensable pour poursuivre ses progrès, que celle-ci s’organisera en symptôme. En attendant, il renonce aux avancées qu’il avait entamées et régresse à un stade d’équilibre, ou plus exactement revient, à une image inconsciente du corps antérieure plus sécure 11.

Comme les troubles relationnels précoces apparaissent dans ces premiers temps de la vie auxquels il faut pouvoir revenir dans maintes cures d’adultes, ceci avec les difficultés et les résistances que l’on sait, Dolto estime indispensable de s’y intéresser au moment de leur apparition, in situ, plutôt que d’attendre les effets et conséquences pathogènes et les séquelles qui peuvent en résulter. Pour y parvenir, elle cherche à communiquer avec ce qu’il y a de plus archaïque chez l’autre. Certains disent qu’elle parlait « nourrissons » … En fait il s’agit pour elle de communiquer avec ce qu’il y a de plus régressé en l’autre, mais sans complaisance pour cette régression, sans jamais jouir de cet archaïque si souvent fascinant pour les adultes. Il s’agit d’aller chercher l’autre, de l’accompagner ou encore de l’aider à trouver les moyens susceptibles de lui rendre possible la vie dans la communauté des humains et lui permettre ce faisant, hic et nunc, de dépasser la difficulté à laquelle il se heurte. C’est ça qui est pour elle prioritaire et qui se révèle, à terme, à la fois thérapeutique de la souffrance et préventif des symptômes qui peuvent en résulter…

A noter que c’est également durant cette période précoce que l’enfant pourra être confronter aux tendances à la régression que présentent certains des adultes qui doivent en assurer la tutelle. En raison de la proximité, tant psychique que physique, à laquelle cette prise en charge les conduit, les adultes sont en effet parfois amenés à revivre inconsciemment du « déjà vécu » et insuffisamment symbolisé lors de leur propre enfance. Des accompagnements, comme ceux qu’imaginent Dolto, peuvent leur permettre d’y revenir afin d’en assumer le surgissement. Ce faisant ils en déchargent leur petit et lui permettent de repartir vers l’avant. C’est là que s’inscrit l’efficace de ce que Dolto nomme « parole vraie », quand celle ci autorise l’enfant en souffrance à retrouver son désir, y prendre appuie pour continuer sa route et sortir des impasses affolantes des non-dits et des mensonges.

Une vignette clinique va illustrer ce point absolument capital du travail avec les enfants très jeunes.
La scène se passe à la Maison Verte. Marie, doit avoir 18 mois ou deux ans. Annie Grosser 12 qui travaille ce jour là, la connaît un peu…Elle est au téléphone quand elle croise le regard de Marie. Celle-ci la regarde et tandis qu’Annie discute, Marie déborde du tableau et écrit sur le mur. L’accueillante gronde de l’index et continue sa conversation. Elle relève la tête, Marie recroise son regard et remet ça ! Fin de la conversation téléphonique. Annie va vers Marie : « Qu’est-ce que tu as à me dire aujourd’hui ? Moi je ne te connais pas comme ça. Qu’est-ce que tu veux me raconter en griffonnant sur le mur? » Marie regarde au fond de la pièce. Annie poursuit : « Ah, tu n’es pas venue avec ta nounou, tu es venue avec ton papa. » Du papa on ne voit que deux pieds et des jambes ; il a déplié « Le Monde » et il est caché derrière. Alors Annie dit à Marie : « Ah, c’est ça. Tu veux que je fasse connaissance de ton papa. Allons-y ». Elle la prend par la main, fait toc-toc sur le journal du papa et dit : « Bonjour Monsieur, je m’appelle Annie GROSSER ; Marie a envie qu’on fasse connaissance ». Lui : « Comment vous savez ça ? ». Annie : « Elle a débordé du tableau, ce n’est pas son habitude ; elle écrit sur les murs, je ne la connais pas comme ça » Lui : « Un tableau, un mur, enfin, Madame… Elle est petite encore…! » Annie, rigolant : « Ah je n’avais pas encore remarqué que Marie était un peu limitée intellectuellement !» Lui : « Pourquoi vous dites ça ? » Annie : « Si vous dites que Marie n’est pas capable de faire la différence entre un tableau et un mur, peut-être qu’elle est un peu limitée ! » Évidemment, il n’est pas content et répond : « Mais je n’ai jamais dit ça ! » Annie veut le rassurer et lui dire qu’elle plaisante mais Marie l’arrête alors de son regard, prend son feutre et griffonne le journal de son papa. Celui-ci, assez fier : « Vous voyez bien, elle fait n’importe quoi. Elle griffonne ! » Annie : « Non, Marie est en train de me demander quelque chose, mais je ne sais pas encore quoi. »
Et à ce moment là Marie la regarde encore plus sérieusement et Annie est comme appelée à soutenir ce regard et à dire «Oui !». Marie prend son feutre et griffonne sur le pantalon de son papa. Alors ce monsieur a un mouvement à la fois violent, surpris et fâché. Annie se prend à espérer : il va se passer quelque chose. Marie peut-être aussi. Et alors, ce papa « s’éclipse » et dit : « Vous savez à cet âge là… ». Marie commente doucement: «Papa pas non…» Le père, comme Annie, intercepte alors dans les yeux de l’enfant un regard de désespoir immense. Dans un murmure, il commence: « Mon père, c’était les coups de ceinture !…» et s’effondre en larmes… Marie a fini son travail. Celui de son papa peut maintenant commencer.

Si dans cette séquence, l’analyste se rend entièrement disponible à la séméiologie (principale caractéristique du travail psychanalytique avec les enfants qui ne parlent pas encore), si l’analyste se pose la question de ce qui se passe ici et maintenant, si elle s’interroge sur ce qui se donne à voir et à entendre, si elle accorde à l’expression du corps, y compris du sien pris dans la relation transférentielle, une place privilégiée, c’est non pas en observatrice behavioriste ou comportementaliste à la manière des babywatchers mais d’abord, et avant tout, parce qu’elle est en quête et à l’écoute du petit sujet qui, quoique sans mot, cherche à se faire entendre d’elle. C’est à lui qu’elle est attentive. Ici c’est l’imputation de sujet (dont Dolto a fait le socle de toute sa pratique et que reprend à son compte Annie) que l’on voit à l’oeuvre et dont on peut mesurer la portée.

C’est parce que Marie veut entendre quelque chose de son père mais que ce père ne peut ni prendre la parole, ni agir, (car pour lui, battre et parler, c’est la même chose), qu’elle va chercher Annie qui elle, non seulement la regarde mais également la voit…Non seulement l’écoute mais aussi l’entend. Et que cherche–t-il à faire entendre cet enfant ? Qu’il appelle son père ou plutôt qu’il en appelle au père. C’est par le relais qu’Annie sera pour Marie qu’elle arrivera à ses fins et que celui-ci en retrouvera la voie(x) …C’est en effet grâce à cette manoeuvre que cet homme pourra se constituer alors comme père de son enfant…

L’analyste est ici attentif à un appel à la parole du père dont Dolto avait repérée la fonction singulière dès 1946, c’est à dire, comme le rappelle Solange Faladé 13, bien avant que Lacan ne pense à la théoriser. Il s’agit pour Dolto d’un père dont elle fait un des garants essentiels des castrations symboligènes. Mais pour que le papa de Marie puisse en arriver là, pour qu’il puisse occuper cette place où Marie le convoque; il faut que quelque chose advienne, que quelque chose s’ouvre en lui, que quelque chose d’un autre temps se réveille, quelque chose d’une autre instance, précisément celle de l’enfant encore en lui, à laquelle il n’a plus accès ou dont il cherche à se protéger.

Dolto a montré que c’est bien souvent dans cette rencontre avec l’infans que se réveillent parfois chez l’adulte des souffrances d’une ampleur insoupçonnée et susceptibles de le mettre en difficultés. Dans cette rencontre il est en effet d’abord question du petit que les adultes ont été eux et, plus précisément encore, comme le précise A.M. Hamad du fait que « le langage de l’enfant a cela de l’inquiétante étrangeté ou familiarité qu’il nous touche dans ce que nous avons de plus intime, de plus secret (heimlich), et qui est, en même temps devenu étranger à notre pensée d’adulte. Ce langage trouve une résonance dans notre langage d’enfant, qui est lui, muet, enfoui, mais qui répond à travers notre corps, notre ressenti parfois innommable. Mais ce n’est pas parce que ce ressenti est innommable pour l’adulte, le parent, qu’il n’a pas de représentation. Généralement cette représentation est de l’ordre de l’inscription dans le corps. C’est elle en nous qui se fait écho, qui se réveille au contact du bébé qui nous émeut.» 14 Ajoutons que la clinique montre que dans ces cas là, c’est à dire quand il y a une barre infranchissable entre les adultes qui en ont la charge et l’enfant qui appelle, quand il n’y a personne au numéro que demandent les enfants en quête de parents, ou alors quand ils n’y trouvent qu’une formalité, c’est à dire un père ou une mère purement formel, voire carrément informe, la souffrance qui apparaît alors n’est pas longue à se transformer en pathologie…

A l’analyste confronté à ce type de situation, Dolto assigne un rôle de passerelle, de passeur entre deux êtres qui sont dans l’impossibilité de se rencontrer sans sa médiation. Mais ce trait d’union ne pourra s’inscrire sur cette partition que si l’analyste trouve, avec l’enfant, le chemin vers cet autre en l’autre. C’est ce faisant que Dolto, respectivement ses élèves, comme ici Annie Grosser, font oeuvre de prévention.

A propos des troubles relationnels précoces qui se donnent à entendre, ou à voir, par des maux du corps, Dolto montre également le rôle et la portée préventive que peuvent prendre les paroles mises sur ces souffrances, celles qui font également savoir à l’enfant la compassion des adultes qui partagent sa peine et ne le laissent pas seul avec elle, c’est à dire sans pouvoir n’en rien faire.

A propos de ces enfants elle insiste sur la fonction essentielle dévolue à la symbolisation et donc aux castrations symboligènes, car «pour l’inconscient, il n’y a de négatif que l’absence de symbolisation, l’absence de mots, de désir… Le seul véritable négatif étant pour l’inconscient, …l’indifférence, la non perception.» 15 C’est dans le même ordre d’idées qu’elle rappelle qu’occuper une place de droit et pouvoir s’y tenir, suppose, pour le sujet, un passage par le défilé de la symbolisation, en l’occurrence par un renoncement, une perte, elle même liée à un glissement le long de l’ordre des générations. Sans cette permutation symbolique des places l’enfant ne peut que rester prisonnier dans les impasses de sa filiation car aucune castration ne vient le séparer de sa mère, le priver d’elle et la priver de lui…

III. MODALITES PRATIQUES, PORTEES ET LIMITES…

Convaincue que ces constats et certains des éléments théoriques qui leurs donnent du sens, doivent être mis à la disposition des professionnels comme des parents, pour voir évoluer certaines pratiques susceptibles d’hypothéquer le devenir des enfants, Dolto décide, essentiellement à partir des années 70, d’écrire livres et articles accessibles au plus grand nombre, donne des conférences et des interviews, parle à la radio. Elle s’intéresse et soutient toutes sortes d’expériences 16,17 et participe à la création à Paris d’un lieu d’accueil et de loisirs pour tous petits enfants accompagnés, connu sous le nom de « Maison Verte ». Leur portée est immense. Leurs limites intéressantes à mesurer.

1) La question de la diffusion des connaissances dans le grand public :

Grâce à Françoise Dolto ou, en tous cas par son action en faveur de la « Cause des Enfants » 18, quelque chose a changé dans notre société pour les plus jeunes des humains : ils n’y sont le plus souvent plus accueillis comme autrefois.
Un peu partout on entend parler des bébés et aux bébés comme à des personnes et non plus comme des animaux à dresser. Certaines connaissances relatives aux besoins des petits ont acquis aujourd’hui le statut d’évidences. Certains silences lourds de conséquences sont désormais levés et il n’est à présent pas rare de voir arriver dans nos consultations des parents anxieux de ne pas comprendre quelque manifestation de mal-être de leur petit et refuser de s’en tenir aux paroles banalisantes de leur entourage ou de leur médecin de famille. Nombre d’entre eux savent d’emblée dire qu’il y a là quelque chose qu’ils souhaitent comprendre et témoignent ce faisant que s’ils ne savent pas comment répondre à leur enfant, ils ont cependant entendu son appel…

Les professionnels chargés d’accueillir ou de soigner les enfants participent également de cette évolution. Qu’il s’agisse de ceux oeuvrant dans le cadre de la médecine néonatale ou chargés de l’accueil en pouponnières, crèches ou halte-garderies, de ceux qui travaillent dans des structures d’accueil pour mères isolées, des unités mères-enfants ou des  organismes chargés de la PMI ou de l’ASE, ou encore dans des services de pédiatrie, les professionnels de la petite enfance ne regardent et n’écoutent plus non plus les bébés et les petits enfants comme autrefois. Les dispositifs où s’inscrivent leurs pratiques ont considérablement évolué, leur travail s’est grandement transformé et avec lui le sort des enfants qui leur sont confiés.

Vraisemblablement lié à sa façon si singulière de transmettre et aux effets de transfert qu’elle a constamment suscités, l’impact de la parole de Dolto est donc profond à partir des années 80. Mais si ces effets transférentiels « à distance » amènent chez certains de profondes remises en question et parfois d’importants remaniements psychiques, on peut également se demander avec Yannick François 19 si le conseil éducatif tel qu’il était formulé par Dolto ne fonctionnait pas dans le champ culturel et social comme un analogon de l’interprétation: «Tout se passe pour Dolto, comme si les concepts et la pratique analytiques avaient par essence une double face : une face tournée vers la cure, la rencontre duelle, et l’autre vers le groupe dans une mise en situation d’objets culturels. Si l’on suit cette hypothèse, on est conduit à se demander si des conseils dits éducatifs ne constituaient pas pour elle, en certaines circonstances, la face culturelle et sociale de l’interprétation. Par rapport à la prévention, Dolto n’aurait donc pas substitué des prescriptions qui seraient analytiques à des prescriptions hygiéniques ou morales, mais plus profondément, elle aurait continué à faire jouer les mêmes concepts dans des champs de nature différente.» 20

Pour autant, ce qu’elle dit et sa manière de le dire n’échappent pas aux critiques les plus sévères. Celles-ci sont encore renforcées par les effets de mode et l’hystérisation qu’entraîne l’hypermédiatisation dont son personnage est l’objet dans les dernières années de sa vie. Il est alors de bon ton dans certains milieux intellectuels ou psychanalytiques de stigmatiser sa naïveté et de manière plus générale, la vanité de toute information de vulgarisation en matière de psychologie ou de psychopathologie.

Si Dolto n’en a cure, elle ne se montre pour autant pas plus naïve qu’elle n’est, comme le laisse entendre sa légende, une « gentille grand-mère » ! Si elle sait qu’en 1932, c’est à dire bien après sa découverte de la pulsion de mort, Freud affirmait toujours qu’il est un thème qui lui semblait «avoir la plus grande importance, vu les magnifiques perspectives qu’il offre pour l’avenir. A savoir…l’application de la psychanalyse à la pédagogie, à l’éducation de la génération à venir !» 21, elle n’ignore rien non plus des conclusions auxquelles sa deuxième topique a conduit l’inventeur de la psychanalyse en matière de prévention des troubles mentaux et de manière plus générale à propos des chances de voir  l’homme s’améliorer. A l’occasion, elle cite Freud dans Malaise dans la culture et rappelle que «certaines difficultés (que rencontre l’homme)…sont intimement liées à son essence et ne sauraient céder à aucune tentative de réforme.» Dolto sait en effet quelles résistances l’inconscient peut opposer à la raison et aux choix que celle-ci prétend dicter, sait quelles sélections ces résistances peuvent opérer parmi les enseignements diffusés et sait également comment la capacité des adultes à les retenir et à les intégrer dans leurs rapports à leur progéniture s’en trouve hypothéquée. Elle décrit les difficultés auxquelles les parents se heurtent quand il est question de mettre en oeuvre l’écoute du petit enfant qu’elle préconise et comment se réveillent parfois dans cette rencontre des souffrances d’une ampleur insoupçonnée et susceptibles de mettre en difficultés les adultes les mieux intentionnés.(cf. supra.) D’où le fait, comme le souligne A.M. Hamad, que «mille conseils sur des castrations symboligènes à administrer à l’enfant, n’auront pour effets que d’augmenter la détresse et la surdité à l’endroit d’un sevrage ou de tout autre passage séparateur douloureux. » 22

Ces résistances et difficultés des parents sont aussi celles que présentent certains professionnels qui ne sont pas forcément sans se réclamer de ses enseignements ! Dolto les retrouve à l’oeuvre quand, sous couvert de parler à l’enfant, certains ne font rien d’autre que de le saouler de paroles comme pour mieux le faire taire ou quand, reprenant à leur compte certaines de ses propositions, ils se dépêchent d’en faire un nouveau dogme dont ils se servent pour mieux asseoir leur pouvoir sur les parents ou quand, marqués par une intervention qui les a touchés, ils s’empressent de s’en resservir à tout bout de champ, au risque de se fourvoyer dans des interprétations sauvages qui se révèlent au mieux inutiles mais parfois des plus corrosives. Evoquons ici, à titre d’illustration, cette sage-femme qui croit devoir stigmatiser l’ambivalence des parturientes présentant une menace d’accouchement prématuré, sous prétexte qu’elle a entendu un jour Dolto évoquer cette hypothèse, et qui n’hésite pas à interpeller ces femmes pour leur demander des comptes quant à leur « vrai désir ». « Alors ce bébé, vous êtes sûre d’en vouloir ? » avons-nous ainsi entendu dire à certaines de ces femmes dans le service de gynéco-obstétrique où nous travaillions voici quelques années… Ce sont encore de ces résistances qu’il s’agit quand des professionnels recommandent aux parents de tout dire à leur enfant (y compris ce qui ne le concerne en rien), sous prétexte que Dolto a montré les effets pathogènes des secrets de famille. Et puis, que dire de ces interdictions d’interdire qui lui sont prêtées et pourtant à mille lieux de ses idées sur la socialisation précoce !

Autant de contre-sens ou « malentendus » d’adultes, toujours anciens enfants (même si « peu d’entre eux s’en souviennent » rappelle St. Exubéry dans le Petit Prince) ayant quelque intérêt inconscient à vider de leur sens et de leur portée ces enseignements. Autant de dérives qui permettent à ceux qui y sont intéressés de se faire l’économie de la rencontre, toujours singulière et parfois éprouvante, avec l’enfant…

En fait, Dolto nous apparaît ici bel et bien consciente des limites et des pièges de la vulgarisation à laquelle elle travaille. Elle est « bien placée » pour savoir ce qu’elle doit mettre d’elle pour être entendue et n’est pas dupe de ce qu’elle mobilise du côté du transfert de ceux qui l’écoute religieusement.C’est sans doute pourquoi elle va consacrer à partir de  1977 tant d’attention à l‘expérience de la Maison Verte (ouverte à Paris en janvier 1979), susceptible elle, non seulement de lui survivre mais également de permettre à d’autres praticiens expérimentés d’oeuvrer dans ce lieu, d’y participer à la formation de plus jeunes, d’y trouver de quoi proposer d’autres initiatives et d’étendre ce faisant l’offre préventive.

2) Portée et limites de l’expérience de la Maison Verte :

Rappelons que l’accueil dont il est question ici est bien évidemment entièrement pensé et organisé à partir des idées, théories et principes décrits plus haut. C’est pourquoi des enfants et des parents en difficultés peuvent y être aidés par des accueillants spécialisés mais aussi d’autres parents ou d’autres enfants présents. Lieu fait pour «..mettre des mots sur ce dont il souffre et reconnaître avec compassion qu’il en souffre» 23, la question de la symbolisation y est en permanence à « l’ordre du jour » et « au travail. » Les frustrations que l’enfant a à y vivre y sont parlées et de ce fait les castrations qu’il doit y recevoir n’apparaissent jamais comme le fait d’un prince tout puissant, sadique et surtout dispensé de se plier aux lois. Des règles – peu nombreuses mais intangibles – y servent de support à la confrontation de l’enfant (mais aussi des adultes) aux limites qui, par les paroles qui les accompagnent, ont vocation à être structurantes. L’interdit y prend ainsi valeur d‘inter-dit 24 et l’exercice de la fonction parentale y trouve son sens et sa finalité. Dans la mesure où à la Maison Verte la présence des parents garantit à l’enfant sa sécurité de base mais lui permet aussi de s’entendre nommé, interpellé, voire situé dans sa propre filiation (quand celle-ci vient à être évoquée et que les accueillants invitent les adultes à associer leur petit à ce qui se dit là d’essentiel pour lui), le dispositif offert se propose également comme un lieu de repérage dans l’ordre des générations. Nous avons rappelé plus haut que c’est cette inscription qui barre la route à l’arbitraire et aux trains plus ou moins fous de l’autofondation et de la confusion.

Sa conception de la socialisation précoce dans une société de plus en plus souvent marquée par la solitude, la rupture des liens familiaux ainsi que la disparition des traditions et des repères (ce qu’elle appelait la « lèpre symbolique »), la conduit à réfléchir à la possibilité «pour l’enfant d’accéder aux autres dans la sécurité, la confiance, en étant accompagné, jusqu’à ce que le monde des autres ne soit plus vécu comme menaçant, et qu’il accepte, de lui-même, de s’éloigner, pour finalement exister hors de la présence de sa mère.» 25 C’est pourquoi Dolto veut que ce lieu soit intermédiaire entre le foyer familial et le monde social et qu’avant toute séparation et avant d’entrer à la crèche ou à l’école maternelle, l’enfant puisse s’y préparer à côtoyer d’autres petits et grands. Un lieu dans lequel il peut aussi «se « vacciner » contre les incidents et les émotions de ces rencontres, grâce à la présence sécurisante et récupératrice de l’adulte tutélaire connu de lui. » 26

La socialisation précoce que permet la Maison Verte, se présente donc comme une offre d’inscription symbolique du petit d’homme, non seulement par rapport à son intimité familiale mais aussi par rapport à toute la collectivité qui le reçoit et doit lui faire une place. C’est du reste ce à quoi l’invite la première chose qui y est faite quand il y pénètre : l’inscription au tableau (ou sur le papier situé à l’entrée) de son prénom, trace écrite de sa présence singulière puis de son passage dans ce lieu. Parce que la rencontre du tout-petit avec les autres s’y opère à la fois dans la sécurité et dans la dynamique que déclenchent les castrations symboligènes, la socialisation qui y est rendue possible s’inscrit dans la suite logique des mutations qui conduisent le petit d’homme à chercher ailleurs ce qui lui est refusé au sein de ce que D. Vasse 27 appelle le « jardin oedipien ». Permettre à l’enfant d’entrer dans le « jardin social », c’est en effet lui permettre de trouver un intérêt à d’autres que ceux du familier, d’autres que ceux que permet de côtoyer le noyau de l’intime. Et c’est ainsi qu’en se fermant, la porte, qui doit lentement mais sûrement interdire l’accès au « jardin oedipien », ouvre le passage vers celui de tous. Les modalités d’accueil que propose la Maison Verte se présentent ainsi comme un cadre susceptible de donner à la socialisation précoce sa pleine mesure et de se révéler ce qu’elle devrait être partout : l’opération qui permet au petit d’homme de prendre place dans le groupe auquel il appartient en tant que sujet, c’est à dire être de paroles et de filiation symbolique.

Les limites auxquelles se heurte cette expérience, comme celles qui s’en réclament ailleurs, sont bien évidemment liées à la difficulté de cette mise en oeuvre, ambitieuse s’il en est. De se réclamer de l’enseignement de Françoise DOLTO n’entraîne en effet pas nécessairement de la part de ceux qui travaillent dans ces structures qu’ils en acceptent l’éthique, comme l’ont montré des réunions comme les Premières Journées Européennes des structures type Maison Verte 28 ou des études comme celles de G. Neyrand 29 ou de B. Eme 30. D’avoir décidé avec Françoise Dolto 31 de ne pas « légiférer » à ce sujet, de ne pas créer de Fédération des structures type Maisons Vertes et autres lieux d’accueil parents-enfants et de laisser les promoteurs de projets faire ce qu’ils estimaient devoir y faire, n’interdit bien évidemment pas non plus de constater que certaines de ces expériences n’ont pas grand chose en commun avec ce que Dolto voulait qu’elles soient.

Dans certains de ces « lieux d’accueil parents-enfants » et autres « Maisons Ouvertes », des accueillants sans formation mais surtout ne disposant pas des recours qu’offre le travail psychanalytique mené pour son propre compte, se trouvent au prise avec cette inquiétante étrangeté que nous avons évoqué plus haut à propos de la rencontre avec le bébé. Au même titre que n’importe quel usager, la souffrance que risque de provoquer en eux ces retrouvailles avec l’enfant qu’ils ont été, suscite des résistances qui rendent tout véritable accueil du petit sujet, impossible ou de pure forme ! Certains, fascinés par cette régression, ne peuvent s’empêcher d’en jouir et se retrouvent en grandes difficultés pour réaliser la tâche qui leur incombent. D’autres savent prévenir ces effets en instituant d’emblée des modalités relationnelles où la guidance éducative, l’éducation des parents, voire les interprétations sauvages les protègent durablement de ce que ces situations pourraient faire (re)naître en eux de questions ou de souffrances…

CONCLUSION

Voici donc rapidement brossé un tableau des principales élaborations et propositions de F. Dolto en matière de prévention.

Il montre que partant de son travail psychanalytique avec les enfants en souffrance et plus particulièrement de ses constats relatifs aux troubles relationnels précoces, leurs conséquences et surtout leur étiologie, Françoise Dolto a élaboré des concepts et théories qui ont permis de mieux comprendre certaines pathologies où se donnent à entendre (ou à lire), les traces mal effacées d’expériences archaïques traumatisantes et parfois durablement invalidantes et que ceci la conduit à formuler divers propositions qui ont contribué à modifier en profondeur leurs prises en charge. De ces avancées résultent également des initiatives susceptibles de rendre accessible au plus grand nombre la compréhension de ce que vivent les enfants et de ce qui peut faire le lit de leurs souffrances présentes ou à venir.
Les bases de nouvelles modalités de prévention des troubles relationnels précoces visant à anticiper la survenue d’entre elles s’en trouvent de la sorte posées.

Parce que celle-ci intègre les enseignements de la psychanalyse et s’inscrit dans son éthique, cette prévention, dont l’expérience de la Maison Verte à Paris est le modèle, se révèle radicalement en rupture avec ce qui pouvait exister jusqu’alors en la matière, qu’il s’agisse de dépistage des troubles du comportement, de surveillance des familles dites « à risques » et autres guidances parentales.

En assignant à ce type de prévention des objectifs comme soutenir dès sa naissance « un être humain dans son identité, son espace, son temps, ses lignées paternelle et maternelle, et lui permettre les médiations imaginaires qui soutiennent la symbolisation des relations humaines» 32, ou encore celui d’accompagner le sujet sur le chemin qui le conduira à inscrire ses relations aux autres dans des rapports de parole, (en tant que ceux-ci ne cessent de créer l’autre dans son altérité), Dolto inaugure une pratique sociale originale, prolongeant vers la Cité, ses engagements de psychanalyste.
Elle est à ce titre un des acteurs majeurs des mutations qui se sont opérées, depuis la révolution freudienne, dans le champ des savoirs et des pratiques relatifs à l’accueil par les familles et la société des enfants, la prise en charge de leurs troubles précoces et de la prévention de nombre de troubles psychopathologiques, psychosomatiques et sociaux qui peuvent en résulter.

1 Psychologue et psychanalyste. Professeur assoc. de psychopathologie clinique à la faculté de psychologie de l’Université Louis Pasteur de Strasbourg. 45, bd d’Anvers FR. 67000 Strasbourg
2 GRIGNON O, « Françoise Dolto à l’oeuvre : la clinique pas sans la théorie », Le Coq-Héron, 168, juin 2002, p.15..
3 BOWLBY J. (1969), Attachement et perte, Paris, PUF, 1996.
4 SPITZ R. A. et COBLINER G. (1954), De la naissance à la parole. La première année de la vie de l’enfant, Paris, PUF, 1984.
5 WINNICOTT D.W. (1957), L’enfant et le monde extérieur. Le développement des relations, Paris, Payot, 1971.
6 AUBRY J. Enfance abandonnée, Paris, Scarabée-Métailié, 1983.
7 SCHAUDER C. «La socialisation au risque de la psychanalyse», in Françoise Dolto, aujourd’hui présente, Paris, Gallimard, 2000, p.367 -377
8 DOLTO F. L’image inconsciente du corps, Paris, Seuil, 1984, p.196
9 (ibid, p.201).
10 GRIGNON O. « Françoise Dolto à l’oeuvre : la clinique pas sans la théorie », Le Coq-Héron, 168, juin 2002, p.27.
11 DOLTO F. L’image inconsciente du corps, Paris, Seuil, 1984.
12 Nous remercions ici Annie Grosser, psychanalyste et accueillante à la Maison Verte d’avoir bien voulu nous autoriser à publier cette vignette présentée lors des Journées d’études de la SPF » Psychanalyse avec les enfants : questions actuelles  » Marseille, 13 et 14.10.2001-
13 FALADE S. « Ce que Dolto m’a enseigné », in L’enfant et la psychanalyse, Paris, CRFP Ed. Esquisses Psychanalytiques, 1993, p.557.
14 HAMAD A. M. « Le statut du sujet dans le langage et dans la parole » in SCHAUDER C. (sous la dir.) Lire Dolto aujourd’hui, Ramonville Saint-Agne, ERES, 2004, p.29.
15 DOLTO F, Dialogues québécois, Paris, Seuil, 1987, p.108.
16 DOLTO F, La difficultés de vivre, Paris, Inter Editions, 1981.
17 DOLTO F, La cause des enfants,Paris, Robert Laffont, 1985.
18 DOLTO F, ibid
19 FRANCOIS Y., « Françoise Dolto et la prévention », Spirale, 16, 2000, p.68.
20 Ce point de vue partagé par Grignon (in Le Coq,128, p.28) pose, bien entendu, l’épineuse question de ce que serait le mécanisme de l’impact d’une figure sociale sur le sujet de l’inconscient, et dans la foulée, celui de la transmission de ses effets.
21 FREUD S, Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Idées/Gallimard n° 247, p.192-193.
22 HAMAD A. M. « Le statut du sujet dans le langage et dans la parole » in SCHAUDER C. (sous la dir.) Lire Dolto aujourd’hui, Ramonville Saint-Agne, ERES, 2004, p.29.
23 DOLTO F, Dialogues québécois, Paris, Seuil, 1987, p.104.
24 VASSE D, Essai sur la limite vivante. Des limites au Jardin Couvert aux frontières entre les peuples. Se tenir debout et marcher, Paris, Gallimard, 1995, p. 93-110.
25 DOLTO F, op ; cit. 13.
26 DOLTO F, ibid.
27 VASSE D, ibid. p.103.
28 Le Coq-Héron, Quelles pratiques de la parole ? (Structures type Maison Verte : Premières Journées Européennes, novembre 1994), 1996, 140.
29 NEYRAND G., Sur les pas de la maison verte. Des lieux d’accueil pour les enfants et leurs parents, Paris, Syros, 1995.
30 EME B, Travaux sociologiques du LSCI (CNRS) Des structures intermédiaires en émergence. Les lieux d’accueil enfants-parents de quartier, 1993, 38.
31 DOLTO F. et SCHAUDER C., De l’idée à ses réalisations, Le Journal des Psychologues, 1987, 45, p.32.
32 DOLTO F, La Maison Verte, Conférence au CFRP, 17.10.1985.

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