Un partenariat exemplaire : prendre soin pour éduquer

Cet article est tiré de la première lettre d’information de la FNES (Fédération Nationale d’Education et de Promotion de la Santé) : « Les Echos de la Fnes – la revue de la Fédération des Instances régionales d’éducation et de promotion de la santé » (cliquez ici pour consulter la lettre)

La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) s’engage dans la durée dans une démarche ambitieuse de promotion de la santé, voyant dans la visée du bien-être un moteur de l’action d’éducation.

Ce projet entre en résonance au travers de ses 5 axes avec des philosophies de l’éducation agissantes dans la profession et dans l’institution : il intègre, avec les environnements favorables, le souci ancien de créer des espaces transitionnels, respectueux de la temporalité de chaque sujet, où l’expérience est possible dans la sécurité, et qui sont propices à un accompagnement pas à pas vers le monde ; il fait sien le travail quotidien de l’éducateur de valorisation et de responsabilisation qui a pour objectif de construire ou consolider avec chaque jeune les compétences lui permettant de faire face, comme tous, aux difficultés de la vie ; il converge avec les objectifs de la loi de 2002, voyant dans la participation des jeunes et des familles à la définition de leur projet de vie une garantie de bientraitance ; enfin, ce projet a le mérite d’intégrer l’ensemble de ces champs conceptuels en une unité vivante et cohérente qui interpelle les acteurs de l’institution à tous les niveaux.

L’engagement de professionnels déjà convaincus du levier que peut constituer la prise en compte de la santé dans l’action d’éducation, l’existence d’actions ponctuelles déjà promotrices de santé et l’affirmation jamais remise en cause que l’éducateur a à prendre soin de mineurs en conflit avec la loi constituent un soutien à la démarche.

Rompue à l’usage de tiers dans la relation éducative, la PJJ s’appuie sur un partenaire pour mettre en oeuvre ce projet. Il s’agit à l’échelon national de la Fnes et pour chaque Direction interrégionale de la PJJ (DIRPJJ) d’une Instance régionale d’éducation et de promotion de la santé (Ireps), avec laquelle elle constitue un binôme référent.

Ce tiers est à la fois bien connu et mal connu.

Bien connu, car des actions de promotion de la santé sont déjà co-portées à l’échelle d’unités éducatives de la PJJ. Par exemple, le CoDES des Hautes-Alpes porte une action en direction des jeunes filles précocement mères en lien avec le diagnostic porté par le service de milieu ouvert de la PJJ autour du soin et de l’estime d’elles-mêmes en prenant appui sur des pratiques artistiques.

Cependant, la variété des modalités d’intervention des Ireps restait encore insuffisamment connue alors qu’elle permet un ajustement à des réalités territoriales diverses.

Si l’on se penche sur les interventions de l’Ireps Provence-Alpes-Côted’Azur (Paca) auprès de la DIRPJJ Sud-Est depuis le lancement du projet : ce tiers vient questionner  pratiques et organisations de la PJJ, il autorise les professionnels à regarder ailleurs, s’extrayant du caractère naturellement cloisonnant d’une institution. Ce tiers valorise le travail quotidien des professionnels, leur donnant à entendre qu’ils sont des acteurs de santé. Il est porteur d’une culture de réseau dont il fait bénéficier la PJJ au profit de la socialisation à venir des mineurs.

Ainsi, déjà engagée sur le champ de l’insertion avec le Conseil régional Paca, la DIRPJJ Sud-Est se rapproche à présent de son service santé, en favorisant l’accès des jeunes suivis par la PJJ au Pass santé + prévention contraception. Cet outil favorise dans une démarche autonomisante l’accès des jeunes à la contraception, à la prévention et à des échanges médiatisés autour de la sexualité et de la vie affective. Mieux, l’administration pénitentiaire engagée auprès de la PJJ dans cette convention avec le Conseil régional s’intéresse à présent à la promotion de la santé.

Les binômes constitués PJJ – Ireps bénéficient d’un accompagnement national assuré conjointement par la Fnes et la Direction de la PJJ (DPJJ). Le partage institué permet de stimuler la réflexion, de capitaliser des bonnes pratiques et d’élaborer des stratégies conjointes. Dans le détail des expériences des binômes, dans les difficultés rencontrées par certaines Ireps pour garantir leur pérennité, le cap est maintenu au profit du projet « PJJ promotrice de santé » et au profit du public dans un positionnement éthique affirmé.

En ce sens, dans le maintien de cet espace éthique, ce partenariat est aussi exemplaire.

Franck Baldi,
Conseiller technique, DIRPJJ Sud-Est

Les commentaires sont fermés.