Climat scolaire et promotion de la santé des élèves : des liens scientifiquement démontrés

Cet article est tiré de la Revue « La Santé en action », mars 2014 – n°427, p.19.

L’essentiel :

  • une équipe de chercheurs québécois a identifié les composantes du « climat scolaire », ainsi que les leviers sur lesquels travailler pour l’améliorer dans les établissements ;
  • ils parviennent aux mêmes conclusions qu’Éric Debarbieux en France, et l’ensemble des autres équipes de recherche : la qualité du climat scolaire contribue au niveau de bien-être de l’élève ;
  • ils sont parmi les rares à avoir validé, en français, un référentiel utilisé par les écoles pour diagnostiquer leur situation et orienter les piste de solutions.

L’article

Vouée à l’instruction et à la qualification, l’école est également un agent de socialisation qui contribue très tôt au développement des jeunes. Les chercheurs montrent, depuis longtemps, que l’école exerce une puissante influence sur le bien-être social, cognitif et émotionnel des élèves [1, 2]. Le climat scolaire s’est ainsi vu accorder une attention croissante au fil des années, à la fois en recherche et en intervention. Nous proposons ici une courte mise en contexte sur le thème du climat scolaire. Puis, à titre illustratif, nous abordons les liens entre le climat scolaire et, d’une part, la violence, et d’autre part, la dépression et l’engagement scolaire (i.e. l’effort que ces élèves consentent dans leurs études). Nous concluons sur l’importance à accorder au climat scolaire dans les actions à privilégier en promotion de la santé.

Climat scolaire et environnement socioéducatif des écoles. Selon M. Janosz, P. Georges et S. Parent [3], le climat scolaire est l’une des trois grandes composantes principales de l’environnement socioéducatif de l’école, avec les pratiques (éducatives, organisationnelles) et les conduites des élèves. Le climat se présente d’abord comme indicateur de la santé organisationnelle de l’établissement et de son potentiel éducatif, soit sa capacité à répondre aux besoins d’instruction, de socialisation et de qualification des élèves. Il donne une idée générale du ton et de l’atmosphère qui règnent dans les rapports sociaux, de la valeur accordée aux individus, à la mission éducative de l’école. Pour ces auteurs, le climat scolaire est multidimensionnel. Ils divisent le climat scolaire en cinq dimensions : le climat relationnel (entre les élèves, entre les élèves et les enseignants), de sécurité, de justice, éducatif et d’appartenance. Ces climats interreliés reflètent la capacité de l’école à répondre aux besoins fondamentaux des élèves : sécurité, relations, stimulation, appartenance,reconnaissance, etc. [4, 5].

Le climat apparaît donc comme le reflet de l’état de santé de l’école. Le climat n’est cependant pas uniquement un thermomètre de l’état de santé organisationnelle de l’école, il peut aussi influencer la conduite et le bien être des individus, [6] dans la mesure où c’est à travers leurs perceptions du climat que ces derniers identifient ce qui est considéré acceptable ou non à l’école (attitudes, comportements), ce qui est (dé)valorisé [7]. En effet, le climat contribue à établir les croyances sur les conduites normatives, acceptables ; il informe sur les attentes et la capacité de les rencontrer, sur la volonté ou la capacité de l’école à répondre aux besoins développementaux des élèves.

Ces croyances, en retour, influencent les sentiments personnels et la perception de soi (par exemple : le sentiment d’être en sécurité, d’être apprécié, d’être capable de réussir) ; ils contribuent à cristalliser ce que les individus pensent acceptable ou souhaitable de faire, et à façonner les attitudes et comportements envers l’école, les enseignants et les pairs [8]. Illustrons brièvement ces relations avec la violence, le sentiment dépressif et l’engagement scolaire.

Les auteurs

  • Michel Janosz,professeur titulaire, responsable des programmes d’études supérieures, directeur
  • Sophie Pascal, Professionnelle de recherche, Groupe de recherche sur les environnements scolaires (GRES), Institut de recherche en santé publique de l’université de Montréal (IRSPUM)

Retrouvez toutes les références bibliographiques associées à cet article en p.20 

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