Reg’Arts Santé Jeunes – Les jeunes Mulhousiens prennent leur santé en main

réseau santé mulhousien ret

Entretien réalisé en janvier 2013 avec la Coordination Santé de la ville de Mulhouse sur une action s’inscrivant dans le cadre de la promotion de la santé.

Pouvez-vous nous présenter rapidement votre structure ou votre service ?

La Coordination Santé de la Ville de Mulhouse est une unité du Service communal d’hygiène et de santé. Son rôle est d’assurer la mise en œuvre des orientations de la ville en matière de promotion de la santé. A ce titre elle développe et soutient, en partenariat avec les acteurs locaux et les habitants, des actions contribuant à la lutte contre les inégalités sociales de santé (ISS) et favorisant la santé et le bien-être sur le territoire mulhousien.

La Coordination Santé pilote également le dispositif des Ateliers santé ville (ASV) de la ville de Mulhouse, dont l’objectif principal est de renforcer la lutte contre les ISS dans les territoires identifiés comme prioritaires par la politique de la ville. L’un des axes forts de ces ASV à Mulhouse est le développement d’actions en direction de la jeunesse. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet présenté ici.

Quels sont l’origine et l’objectif principal de votre projet ?

 L’action « Reg’Arts Santé Jeunes » est née dans le cadre de l’année internationale de la Jeunesse lancée par l’ONU en 2010. Sa première édition a eu lieu en 2011, et la deuxième, commencée en septembre 2012, s’achèvera en mai 2013.

L’objectif général de cette action est de permettre aux jeunes d’être acteurs de leur santé et de devenir des relais de prévention à travers l’élaboration d’outils préventifs et la mise en place d’actions.

A quel problème de santé votre projet répond-il ? Sur quels déterminants de ce problème de santé votre projet va-t-il agir ?  

L’action s’adresse à la santé globale des jeunes (au sens de l’OMS). Ainsi, elle propose aux jeunes de réfléchir et de s’exprimer sur de nombreuses thématiques ou sujets de société les concernant directement, en fonction de leurs priorités ou de leurs préoccupations de santé, ces thématiques pouvant aller de la culture, ou l’insertion professionnelle à la pollution, l’alimentation, la sexualité, les addictions, le mal-être etc.

A travers les activités proposées et les modalités de leur mise en œuvre, l’action agit sur plusieurs déterminants de la santé globale des jeunes :

  • Le développement des ressources et compétences personnelles :

Dans le cadre de l’action, les jeunes se voient confier de nombreuses initiatives et responsabilités : choix d’une thématique de santé, définition des messages de prévention, choix des outils et media utilisés pour diffuser ces messages, recherche des informations par différents canaux : Internet, partenaires du projet, etc.

Cette autonomie favorise la prise de conscience des jeunes sur les questions de santé, mais surtout elle valorise et renforce leur capacité à agir sur leur santé.

  • L’acquisition de connaissances et d’informations sur la santé :

La recherche, la sélection et le traitement des informations en vue de créer des outils de prévention permettent aux jeunes de s’approprier réellement les connaissances acquises en matière de santé. Ce mode d’acquisition des connaissances devrait favoriser une meilleure « digestion » de l’information et augmenter son impact sur la vie quotidienne des jeunes, notamment dans le sens de l’adoption de comportements plus favorables à leur santé et à leur bien-être.

  • Le renforcement du lien social

L’action permet de créer ou de renforcer les liens entre les jeunes d’une même structure, mais aussi entre ces jeunes et les professionnels qui les encadrent.

L’action peut également favoriser une prise de conscience des professionnels concernés –  partenaires, animateurs, éducateurs, professeurs etc. – en leur permettant de découvrir ou de redécouvrir les compétences des jeunes et leur capacité à mener à bien un projet dans lequel ils se sentent investis. En effet, l’action peut favoriser l’expression de compétences qui ne sont pas toujours sollicitées par ces professionnels dans le cadre habituel de leurs activités. Cela permet à la fois de valoriser les jeunes et de recréer un espace de dialogue et d’échanges dans le respect des aptitudes et du rôle de chacun dans cette action.

  • L’accès aux ressources existantes en promotion de la santé

Grâce à son réseau de partenaires, l’action permet aux jeunes de découvrir ou de mieux connaître les structures et ressources existantes en matière de promotion de la santé sur leur territoire, soit dans le cadre de leurs recherches et du montage de leurs actions (appui technique, accompagnement…), soit dans le cadre des stands qui seront tenus par les partenaires lors de la Journée finale de restitution au printemps 2013 (présentation, démonstrations, ateliers, …). 

Décrivez-nous les activités que vous allez mettre / avez mises en place.

 L’action comporte plusieurs étapes : 

a – Après avoir choisi la problématique de santé sur laquelle ils souhaitaient travailler, les jeunes sont invités à rechercher l’information dont ils ont besoin pour monter leur action ou créer leur outil de prévention. Accompagnés ou orientés par des professionnels, ils peuvent solliciter directement les structures partenaires spécialisées, se servir d’Internet, rencontrer les infirmières scolaires, consulter les bibliothèques…

b- Les jeunes définissent les messages qu’ils souhaitent faire passer à travers leur action.

c- Les jeunes choisissent puis produisent leur outil de prévention : vidéos, bande dessinée, tee-shirt, affiche, œuvre collective…

d- 22 mai 2013 : Journée finale de restitution « Reg’Arts Santé Jeunes » : temps fort permettant de valoriser les outils et actions préparés par les jeunes, mais aussi de favoriser la rencontre et les échanges avec toutes les structures partenaires. Cette journée est ouverte à tous, y compris aux jeunes n’ayant pas directement participé à l’action, ce qui permet la diffusion des messages de prévention auprès du grand public mulhousien, notamment auprès de sa jeunesse.

Quels partenariats avez-vous mis en place pour l’élaboration, la mise en œuvre ou l’évaluation de ce projet ?

A travers ce projet, la Ville de Mulhouse mobilise les professionnels de la jeunesse issus des champs social, sanitaire, de l’éducation ou de l’animation. Cette action est montée en partenariat avec l’éducation nationale (collèges, lycées professionnels), la prévention spécialisée (centres socioculturels, foyers d’action éducative…), de nombreuses associations locales (SEPIA, le Planning familial, Le CAP, Sémaphore, …).

22 partenaires jeunesse et environ 300 jeunes sont impliqués directement dans le projet. Certaines structures et personnes ressources (artistes, associations…) sont impliquées dans l’appui à la création des outils de prévention par les jeunes.

En quoi ce projet s’inscrit-il dans le cadre de la promotion de la santé ?

  • Un projet favorisant l’autonomie et la responsabilité des jeunes

Les premiers bénéficiaires de cette action – les jeunes – sont considérés avant tout comme des individus responsables ayant des compétences et des savoir-faire à valoriser, y compris dans la définition des priorités de santé les concernant et dans la traduction de ces priorités en messages de prévention.

  • Un projet de santé communautaire

L’action permet la création d’un espace d’expression pour les jeunes en leur donnant la possibilité de créer eux-mêmes les outils de prévention destinés à leurs pairs (travail de prévention « par et pour » les jeunes). Le public destinataire de l’action est donc invité à s’approprier cette action en lui donnant la forme qu’il juge la plus pertinente, à la fois sur le fond et sur la forme.

  • Un décloisonnement des différents champs de la santé (sanitaire, social, culturel etc.)

En amenant les professionnels de ces différents champs, y compris ceux qui ne se sentent pas spontanément concernés par les problématiques de santé, à s’impliquer dans un projet « santé », l’action contribue à renforcer le rôle de ces professionnels de proximité comme relais auprès des jeunes sur les questions de santé. Ainsi, dans une perspective d’amélioration de la santé globale, l’action invite les professionnels ne travaillant pas dans le secteur sanitaire à se voir eux aussi comme des « acteurs de santé », ce qui contribue en outre à dédramatiser et à faciliter à terme les relations entre ces acteurs et les professionnels du champ sanitaire (infirmières, centres d’examen…).
En outre, cette action « santé » s’inscrit dans la politique globale de la Ville en faveur de la Jeunesse et crée du lien entre ses différents composantes : éducation, insertion professionnelle, activité physique, accès à l’information…

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